L’intelligence émotionnelle

Les compétences émotionnelles sont « la capacité – mise en pratique – à identifier, à comprendre, à exprimer, à réguler et à utiliser ses émotions et celles d’autrui. Elles jouent un rôle essentiel dans la santé mentale, la santé physique, la performance au travail et les relations sociales »(1)

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Film d’animation Vice Versa (Disney) 

Historique de l’intelligence émotionnelle:

À l’origine, les compétences émotionnelles étaient nommées « intelligence émotionnelle». Ce domaine de recherche a connu quatre grandes mutations au cours du XXème siècle.

a) Thorndike (1920) s’était intéressé à la capacité de l’individu à « identifier ses états internes, ses motivations et comportements ».

b) Un demi-siècle plus tard en 1983, Howard Gardner propose un nouveau modèle d’intelligence générale en y incluant l’intelligence intrapersonnelle et interpersonnelle, ce qui laisse présager de l’importance des émotions dans les relations avec les autres.

c) L’attrait de la science pour les compétences émotionnelles est assez récent. Ce sont d’abord Salovey et Mayer (1990) qui théorisent la notion d’intelligence émotionnelle. Ils postulent que les individus traitent différemment l’information émotionnelle et que celle-ci influe singulièrement sur la cognition. Dès lors, l’identification, la régulation et l’utilisation des émotions sont capables de faciliter la cognition.

d) Quelques années plus tard cette idée prend de l’importance particulièrement avec l’ouvrage de référence de Daniel Goleman, L’Intelligence Emotionnelle (1995). Ce succès s’explique en partie par le fait que selon l’auteur, les compétences émotionnelles peuvent être développées par chacun tout au long de sa vie, idée tranchant avec le caractère plus « immuable » de l’intelligence cognitive.

La recherche est particulièrement active depuis une trentaine d’années sur ce thème des émotions grâce à une prise de conscience de l’importance des ressentis.

« L’homo est sapiens, mais il est aussi sentiens et communicant » (5).

Les nombreuses publications sur les émotions et les approches telles que la thérapie d’acceptation et d’engagement (Acceptance and Commitment Therapy) (2) et de pleine conscience (3) sont le résultat de l’intérêt croissant des chercheurs et praticiens en psychologie dans ce domaine.

Plusieurs conceptions ont émergé de ces recherches. Concernant les compétences émotionnelles, nous avons choisi le modèle de Mikolajczak et ses collègues car il nous paraît être la synthèse la plus pertinente issue des recherches antérieures. Les dimensions d’identification, de régulation et d’utilisation des émotions sont reprises de la théorie de l’intelligence émotionnelle de Salovey et Mayer (1990) et les deux axes interpersonnel/ intrapersonnel issus des travaux de Gardner sont intégrés dans ce modèle à cinq composantes.

Compétences émotionnelles: cinq composantes

« une forme d’intelligence qui suppose la capacité à contrôler ses sentiments et émotions et ceux des autres, à faire la distinction entre eux et à utiliser cette information pour orienter ses pensées et ses gestes » (Salovey & Mayer)

Déjà, la notion de « contrôle », de « distinction » et « d’utilisation » apparaissent, sur les versants inter et intrapersonnel. Quelques années plus tard, les deux chercheurs font évoluer leur définition en proposant de décrire l’intelligence émotionnelle comme « l’habileté à percevoir et à exprimer les émotions, à les intégrer pour faciliter la pensée, à comprendre et à raisonner avec les émotions, ainsi qu’à réguler les émotions chez soi et chez les autres » (4). La définition se complexifie et intègre les notions de « perception », « expression », « compréhension », « raisonnement » et « régulation », ce qui la rend plus complète et représentative de la réalité.

Plus récemment, l’équipe de Mikolajczak reprend les théories de Salovey et Mayer en proposant cinq notions de base :

1 L’identification,

2 La compréhension,

3 L’expression,

4 La régulation,

5 L’utilisation des émotions.

Celles-ci se situent sur deux versants : intrapersonnel, c’est à dire la capacité à prendre en compte son propre ressenti, et interpersonnel, la faculté d’observer les réactions de son entourage.

Pour aller plus loin:

Mikolajczak, M., Quoidbach, J., Kotsou, I., & Nelis, D. (2009). Les compétences émotionnelles. Paris: Dunod.

Goleman, D. (1995). Emotional Intelligence. New York: Bantam Books.

(1) Mikolajczak, Quoidbach, Kotsou, & Nelis, 2009

(2) Hayes, Strosahl, & Wilson, 1999

(3) Kabat-Zinn, 1982

(4) Salovey et Mayer, 1997, p.10

(5) Cosnier, 2015

 

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